Paradis local à Partager

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Bienvenue à la maison de Paille d'Amilly

Une maison construite en amour

Née de l’imagination et des mains d’Hélène Decarpignies et de nombreux bénévoles en 2009, La Maison de paille est un bel exemple de ce que les humains peuvent bâtir ensemble de bon et de beau pour le bien de tous.

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C’est un beau roman, c’est une belle histoire… contée par Hélène Decarpignies

Au départ, il y a eu un désir impérieux d’exprimer dans la matière ce que j’étais, peut-être pour mieux me comprendre moi-même.

Je sentais mes belles idées, mes bons sentiments, ce qui était beau en moi. C’était comme douloureusement enkystés à l’intérieur, alors que tout ça poussaient à s’offrir au monde : mais où trouver l’espace dans ce siècle aux abois ?

Ayant déjà goûté aux joies de la rénovation immobilière ( !), j’ai décidé de créer autour de moi de toutes pièces cet espace.

Une maison, comme une seconde peau, qui me ressemblerait, dans laquelle je me sentirais bien. Un espace protégé d’où je pourrais observer le monde en me sentant moins agressée, d’où je pourrai offrir ma lumière sans que la tempête ne me la souffle.

Bref, un foyer, mon foyer.

 

Cette maison, je la voulais intègre, sans concession, simple, bonne et belle, respectueuse des humains et de la planète, en symbiose avec la nature.

Pour des raisons familiales, le lieu sera Montargis ou ses environs.

 

En tapant par hasard sur mon ordinateur « construction écologique Montargis » pour trouver des entrepreneurs, je tombe par le plus beau des hasards sur la « Maison Feuillette », la plus ancienne maison en botte de paille et structure bois recensée au monde !

« Quelle idée saugrenue ? » pensais-je. « Mais qui sont ces hurluberlus qui bâtissent comme les trois petits cochons ? » … Enfin, curieuse de nature, je vais à tout hasard sur le site du Réseau Français de la Construction Paille.

Et là, je découvre un monde d’humains qui m’était inconnu : des hommes offrent leur temps, leur sueur à d’autres pour réaliser ensemble des ouvrages « habitationnels » bons pour tous et d’une créativité incroyable.

Je veux voir ça de plus prêt : je m’inscris à deux chantiers participatifs terre et paille en Ariège.

 

 

On ne revient pas indemne de ce genre d’expérience, cela change indubitablement le regard qu’on porte sur la vie : participer bénévolement et à plusieurs à la construction de quelque chose de bon pour tous, se sentir co-créateur de l’univers en faisant la fête et en chantant, se laisser envoûter par les matériaux naturels, le bois, la paille , et surtout la terre. La terre crue qui glisse entre les doigts et les orteils, qui nous refait cro-magnons et diluent nos pensées dans l’infini du ciel…

 

C’est incontournable : ma maison sera en paille et terre, baptisée à plusieurs et en auto-construction pour vivre chaque instant de sa construction plus intensément.

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Elle se forme dans ma tête et je m’offre une formation du soir à distance de métreur-concepteur pour pouvoir dessiner les plans et déposer moi-même le permis de construire.

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Attention, au final, les fondations en pneu on été abandonnées.C'est sans doute faisable mais le maçon n'a jamais voulu démordre des longrines conventionnelles...

 

Je commence février 2009 les terrassements et fondations avec l’aide des rares artisans du coin qui veulent bien ne pas faire à ma place mais juste m’accompagner et mettre à disposition leur matériel.

Le charpentier qui avait accepté de participé me lâche un peu tard, pas moyen de faire la charpente seule dans les temps car la paille et la terre ne se travaillent que l’été : je décide de laisser un professionnel équipé réaliser et monter sur place au camion grue la charpente que j’avais dessinée.

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Ce contretemps ayant quand même repoussé les délais, la formatrice paille professionnelle qui devait encadrer le chantier participatif ne peut reporter les dates : me voilà seule à bord pour gérer, accueillir et nourrir les quelques quarante bénévoles qui se relaieront cet été là.

Evidemment, force est très vite d’accepter que ce n’est pas gérable et tant mieux. Je descend la pression que je m’étais mise et accepte de me laisser porter par le fleuve.

 

Miracle, tout s’organise au mieux : Chacun trouve l’espace de prendre sa place et de prendre en charge ce qu’il peut et veut faire selon ses compétences. Les horaires sont hyperlaxes : il y a ceux du matin, ceux du soir, les faiseurs, les penseurs.

Construire en paille demande une grande adaptabilité.

Aucun matériau n’est calibré, chaque botte est différente, chaque seau de terre.

On réfléchit à plusieurs à la meilleure technique, on innove, on détourne, on essaye.

Les plans sont rangés mais chacun a en tête l’idée commune et la fait sienne.

C’est l’été le plus bab que j’ai jamais vécu. Guitare et feux de bois, piscine en bottes de paille et maillots de bain en planches de douglas ! Nous sommes commes des enfants sur un tas de sable.

Les échanges sont riches, riches comme ces humains souvent peu riche qui se payent le luxe d’offrir leur temps d’un bout à l’autre de la planète.

Je découvre par le biais de certains que l’on peut vivre sans gagner de salaire, sans toucher d’allocations, vivre juste de partager du l’amour et de s’offrir au monde.

Je rencontre aussi des gens qui comme moi osent rêver et réaliser leurs rêves malgré la pression annihilante de la société de consommation et de la mondialisation.

Que les humains sont beaux et nobles quand les règles du jeu sont justes !

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Je comprends qu’on peut être pauvre et heureux. Je me régale à habiter cinq mois dans le confort le plus minimum d’une serre tunnel agricole: douche froide au jardin, toilettes sêches, couche de paille à même le sol, cuisine sans eau courante…Et pourtant que c’est bon de se sentir vivant et connecté à la nature ! Ma peur de manquer disparaît devant la générosité de la vie.

 

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 Nous finissons le premier été l’intégralité de l’isolation paille (y compris la toiture) et les enduits de corps extérieurs en terre crue. L’hiver se passe en ville dans une maisonnette toute serrée que l’on me prête, le chantier est en stand-by jusqu’au printemps.

 

Le deuxième été sera plus calme mais plusieurs bénévoles viennent encore aider aux enduits intérieurs pendant les trois semaines de chantier.

L’hiver suivant arrive, celui où tout semble s’enliser, l’euphorie du départ est terminée, peu à peu mes activités professionnelles réduisent les temps de chantier, le second œuvre est plus long, moins spectaculaire et pas adapté au travail d’équipe. Je me casse deux côtes et arrive à la fin de mon budget travaux.

Mais quand les beaux jours arrivent je peux à présent camper directement dans la maison. L’automne arrive, je me dis que si je m’éloigne encore de mon chantier, il va sortir de ma vie et ne sera jamais fini. Je rends mon logement en ville et m’installe définitivement sur place.

J’organise une semaine de stage Yoga-Voix-Construction qui mélange mes activités de professeur de yoga, d’artiste lyrique et de constructrice. Encore une fois le miracle a lieu : chacun des six stagiaires avait des informations extrêmement importantes et très personnelles à apporter à un autre. Que de synchronicité ! Nous finissons comme dans un rêve les enduits chaux intérieurs.

Un ami vient m’installer le poêle à bois, un autre m’aide à finir de poser les fenêtres.  Je commence la couverture en tuiles de mélèze car le pare-pluie n’en peut plus mais je me casse stupidement un poignet. Heureusement, la même semaine, la vie m’amène un ange-couvreur : un de mes choristes vient visiter la maison. Il rêve depuis toujours de poser des tavaillons : je lui passe les clous et le marteau et à ses heures de repas, il vient jour après jour terminer la couverture et y mettant tout son cœur : un vrai chef d’œuvre.

 

La vie me teste sur l’endurance, finir semble impossible et pourtant je m’attèle vaille que vaille à l’électricité, aux sanitaires, à la cuisine. Minute après minute, pas après pas, euro après euro.

Je n’arrive plus à me souvenir à présent du moment où j’ai passé le cap de la désillusion et où j’ai retrouvé la foi. Je me souviens juste d’avoir été jusqu’au bout de l’idée avant de baisser les bras en m’avouant vaincue. Et là, une main tendue, une bûche offerte, un cours de chant, un bon moment partagé : il y avait toujours quelque chose qui m’emmenait plus loin. Lorsque les parquets du rez-de-chaussée furent posés, le chantier se transforma d’un coup en palais. La même semaine, quelqu’un me laissait un magnifique piano à queue en dépôt pour cinq ans : mon séjour, conçu au départ pour être lieu de concert, pu enfin révéler sa fonction.

J’organisais un récital chant-piano : la maison était archi pleine : plus de cinquante personne partagèrent avec moi ce moment de grâce dans ce lieu que je sais maintenant hors du commun.

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Quelle fierté, quelle gratitude absolue envers la vie, que de voir cette maison faite de toutes ses mains d’humains bienveillantes devenir un lieu de rêve, une preuve de la beauté du monde et le la noblesse des hommes.

Si au départ je croyais construire ma maison, maintenant je sais que c’est elle qui m’a construite. Elle a réparé mes blessures, éradiqué bon nombre de mes peurs et mes doutes. Elle est très grande : aussi vaste que le manque de confiance en moi que j’avais en la construisant. Elle m’a ouvert le cœur sur la vie et les autres.

 

A présent, forte de cette preuve que tout est possible à plusieurs, je m’attèle à répandre à partir de ce lieu l’énergie qui l’anime : construire à plusieurs pour le bien de tous, via le réseau des Colibris, le Réseau Français des Constructeurs en botte de paille, la monnaie locale complémentaire proposée par Equilibre Monnaie-Terre, les Amapp, et de façon plus spirituelle via les ashrams d’Amma et de les lieux de méditation tels que la Vipassana.

 

La maison accueille une saison de cinq concerts annuels, des cours de chants, et est partagée en colocation avec trois autres personnes. Saine aussi au niveau électromagnétique, elle sert aussi de refuge à une personne électro-hypersensibles.

 

Une kerterre de méditation, construite dans le même esprit de partage est née été 2014 au fond du jardin. Le terrain encore plein de promesses à partager attend l’énergie des humains pour porter fruits et légumes en abondance. A l’étage, un lieu d’artisanat est en cours d’aménagement pour continuer à transformer les matériaux naturels.

Alors si le cœur vous en dit, soyez les bienvenus !DEM-HeleneDecarpignies10.jpeg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



16/11/2014
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